Le Mémorial du camp du Struthof – le tombeau des déportés « Nacht und Nebel »

Le portail, les barbelés et les miradors du camp de concentration Struthof.
L'entrée principale du camp. Photo: Bram Cymet / Flickr

C’est à 60 kilomètres de Strasbourg que les nazis décidèrent de construire en 1941 un camp de concentration sur les hauteurs de la commune alsacienne de Natzweiler. Cette installation de mort aura le sombre privilège d’être la seule de ce type en France.

Le camp faisait partie d’un vaste complexe concentrationnaire installé dans l’Alsace annexée. Composé d’un réseau d’environ 70 camps annexes (de taille moindre), le Struthof avait pour vocation d’annihiler les « ennemis du Reich« . Derrière les barbelés, plus de 20 000 personnes polonaises, soviétiques, françaises, belges, norvégiennes, italiennes, néerlandaises, slovènes et tchèques trouvèrent la mort entre 1941 et 1945. Le taux de mortalité était d’environ 40%. Les prisonniers mourraient pour la plupart d’épuisement, de maladie (typhus, dysenterie), par pendaison, sous les coups de matraque, par balle ou par intoxication au gaz (une chambre à gaz fut construite en 1943).

Hommage rendu au Struthof lors de la Journée nationale du souvenir de la déportation (qui a lieu chaque dernier dimanche d’avril). Photo: Claude TRUONG-NGOC / Flickr

En grande majorité, les déportés étaient envoyés ici pour des raisons politiques. Ils sont très souvent résistants et déclarés «Nacht und Nebel» (Nuit et brouillard) par le Troisième Reich, c’est à dire voués à une agonie lente dans des camps comme celui du Struthof. Le camp sera aussi un lieu d’assassinats de déportés Juifs, Tziganes et homosexuels.

Le camp aura la sinistre réputation d’être un lieu d’expérimentations médicales effectuées par des professeurs de médecine allemands de l’Université du Reich de Strasbourg. Les détenus considérés comme des cobayes sont soumis à des études pseudo-scientifiques qui entrainent le plus souvent leur mort dans d’atroces souffrances. Le professeur August Hirt, membre du NSDAP depuis 1937, s’illustrera par sa cruauté et son sadisme. Avec l’aval d’Himmler, il réunira une « collection » macabre de squelettes de personnes de confession juive. Ses victimes (29 femmes et 57 hommes provenant de toute l’Europe), préalablement gazés avec une solution de sels cyanhydriques, devaient servir à prouver « scientifiquement » que les juifs étaient racialement « bolcheviques ». L’anatomiste SS testera également les effets du gaz moutarde sur d’autres êtres humains. Recherché par les alliés pour ses crimes, il se suicidera en juin 1945 dans le Bade-Wurtemberg.

Comme dans beaucoup d'autres camps nazis, des docteurs SS pratiquaient des expériences médicales sur les prisonniers.
La table de vivisection et d’autopsie. Le camp fut le théâtre expérimentations médicales (la plupart du temps létales) sur certains détenus. Photo: Javier Leiva / Flickr

C’est dans ce camp que Léonce Vieljeux , Maire de La Rochelle et membre actif de la résistance, fut tué d’une balle dans le dos par les SS en septembre 1944. Il avait 79 ans.

C’est aussi dans ces lieux qu’en février 1943, treize jeunes alsaciens de la commune de Ballersdorf dans le Haut-Rhin furent fusillés après une parodie de procès pour avoir refusé leur incorporation dans l’armée allemande.

INFORMATIONS IMPORTANTES:

  • Adresse: Centre européen du résistant déporté – Site de l’ancien camp de Natzweiler – Route départementale 130 – 67130 NATZWILLER – France (La commune de Natzwiller est en montagne, à environ 800 mètres d’altitude)
  • Site: http://www.struthof.fr
  • Tarifs: 6 Euros (adultes) ou 3 Euros (jeunes entre 10 et 18 ans; étudiants, demandeurs d’emploi). Gratuit pour les enfants de moins de 10 ans.
  • La visite du camp est gratuite. Seul le musée est payant.
  • Ouvert tous les jours de 9h à 17h. Fermé du 24 décembre au 28 (ou 29) février.

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