Le Musée de la « Grande Guerre patriotique » à Minsk. Retour sur une guerre totale.

Une sculpture en face de l'entrée du musée. Elle représente un soldat soviétique faisant ses adieux à sa mère (ou à sa femme).

Si vous venez passer quelques jours en Biélorussie, une visite dans ce musée est à prévoir. Le pays, situé géographiquement entre la Pologne et la Russie, a été durement marqué par les sévices de la guerre et ce lieu, presque sacré, représente la mémoire nationale.

Le musée a été officiellement ouvert aux visiteurs le 22 octobre 1944 dans la ville libérée de Minsk, ce qui fait de lui, chronologiquement, le premier musée sur la Seconde guerre mondiale ouvert dans le monde. Il fut entièrement rénové en 2014.

C’est un bâtiment impressionnant à l’architecture soviétique (et moderne) qui abrite une collection unique. Au centre une immense obélisque surmontée de l’étoile rouge est là pour rappeler le coût humain et matériel énorme que cette guerre brutale a infligé aux peuples de l’ex-Union soviétique. Haute de 45 mètres, elle a été construite en 1985 pour célébrer le 40e anniversaire de la victoire contre le fascisme.

L'architecture très sovietique du musée de la guerre de Minsk.
L’architecture du « Musée d’Histoire de la Grande Guerre nationale de Biélorussie »


Le musée est gigantesque ! Il se trouve sur l’Avenue de la Victoire, à 20 minutes de marche de la station de Métro de Nemiga. Il y a 24 salles réparties sur plus de 3 600 m2. Les principales sections de l’exposition permanente s’articulent autour de ces thèmes: «L’invasion allemande 1941-1942 » ; « L’Occupation nazie en Biélorussie» «Les partisans biélorusses » ; « L’Opération Bagration» et les « Victoires de l’Armée rouge 1944-1945 ».

Les Dioramas du musée de Minsk sont très réalistes. Ici des artilleurs soviétiques armés de carabines Mosin . Photo: R. Stepanovsky

Les vitrines et les nombreux dioramas montrent avec réalisme les armes, équipements et uniformes des soldats et des partisans, des photographies d’époque, des bannières, des véhicules (un rare char allemand Panzerkampfwagen III est présent) et de très nombreux documents.

Environ 8 millions de soldats soviétiques ont été tués entre 1941 et 1945

Il y a un coin dédié spécifiquement au siège de Leningrad (aujourd’hui Saint Petersbourg). Un artefact très émouvant est exposé. Il s’agit d’un petit morceau de pain fossilisé qui était la ration quotidienne pour un habitant de la ville à l’époque.

Également remarquables, et complétant les expositions du musée, se trouvent plusieurs grandes affiches de propagande et peintures réalistes qui dépeignent la dureté de l’occupation et l’héroïsme des troupes soviétiques

Au fur et à mesure de la guerre, les chars deviendront le fer de lance de l’Armée rouge. Le char à gauche est un char « Staline » de 46 tonnes qui fut produit à partir de 1944 pour contrer les chars Tigre allemands.

Un retour sur l’histoire de la Biélorussie (ou Belarus) est nécessaire pour comprendre l’importance de ce musée dans la construction nationale.

L’occupation nazie en Biélorusse fut absolument effroyable.

De 1941 à 1944, quasiment un tiers de la population fut décimé dans des exécutions de masse ( à titre d’exemple, rien que pour la journée du 20 novembre 1941, plus de 10 000 Juifs de Minsk furent fusillés). Des milliers de civils furent aussi déportés et réduits à l’esclavage par le Reich. Des centaines de villages furent incendiés et la ville de Minsk quasiment rasée. L’excellent film russe « Requiem pour un massacre » sorti en 1985 et réalisé par Elem Klimov, revient sur ces années de terreur en Biélorussie. Très réaliste, ce long métrage nous embarque dans une sorte de voyage hallucinatoire à travers les massacres perpétrés par les Einsatzgruppen. Un très grand moment de cinéma.

Pendant toute la durée du conflit, de très nombreux groupes de partisans se formeront pour résister aux violences exercées par l’armée allemande. Le musée présente des objets personnels de Yelena Mazanik, une jeune résistante qui tua en 1943, à l’aide d’une bombe, le puissant SS-Rottenführer Wilhelm Kube, commissaire général de la Biélorussie occupée .

C’est pendant l’été 1944 que l’URSS reprendra finalement le territoire au terme d’une bataille extrêmement violente. Environ 178 000 soldats soviétiques trouvèrent la mort pendant cette offensive et la 18e Panzergrenadier Division sera anéantie avec le reste du groupe Armée Centre.

Le rouleau compresseur russe enchainera les victoires à travers l’Europe centrale et continuera sa route jusqu’au Bunker d’Hitler à Berlin.

Une affiche de propagande russe. Traduction: « Nous avons un seul objectif: BERLIN !« 

La visite du musée se termine par le magnifique « hall de la victoire » représentant le dôme de verre du bâtiment du Reichstag où les soldats soviétiques plantèrent la bannière de la victoire en mai 1945.

INFORMATIONS IMPORTANTES:

  • Adresse: Prospekte Pobeditelei 8, Minsk (à 20 minutes de marche de la station de métro Nemiga)
  • Ouvert du mardi au dimanche de 10:00 à 18:00.
  • Tarifs: Adultes: 9 Roubles (Approximativement 4 Euros) – Enfants: 4,5 Roubles (Approximativement 2 Euros) – Gratuit pour les moins de 7 ans.
  • Site: http://war.museum.by

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